Lodève

LA prison de Lodève (suite et fin)

Quelques mois après le départ des réfugiées espagnoles, alors que la France est entrée en guerre en septembre 1939, la maison d’arrêt de Lodève, comme beaucoup d’autres en France, est transformée en prison militaire. Elle reçoit ses premiers résistants début 1941. Roger Algoud fait partie de ceux-là. 

Il a tout juste 16 ans quand il s’inscrit aux Jeunesses communistes. L’arrivée d’un flot de républicains espagnols à Grenoble, où il vivait, a servi de déclencheur à son engagement. En janvier 41, il est arrêté par la Gestapo alors qu’il transportait des tracts compromettants. Condamné par la justice militaire à 5 ans de prison, il est embarqué avec d’autres détenus dans un train en partance pour Lodève. 

Il évoquera plus tard sa détention : « À ce moment, il y avait encore peu de détenus ; quelques gaullistes et communistes répartis à 2 ou 3 par cellule ; une relative liberté de mouvement à l’intérieur de locaux sains et ensoleillés ; une majorité de gardiens tolérants (même si quelques-uns n’hésitaient pas à lancer des coups de pied) et une nourriture acceptable ». Les prisonniers sont astreints au nettoyage des locaux, au raccommodage de sacs de jute ou à la fabrication de tresses en raphia. Un camarade de cellule l’initie au jeu d’échecs : « une chose magnifique qui me permit de supporter plus facilement tout ce temps perdu. » Il écrit aussi quelques textes de propagande qu’il peut faire passer à l’extérieur grâce à la complicité de gardiens engagés dans la Résistance. 

A la fin de l’année 1942, à la suite du débarquement allié en Afrique du Nord, les autorités estiment plus sûr de replier à l’intérieur du pays les détenus enfermés près du littoral. Roger, après un premier séjour de courte durée à Mauzac en Dordogne, est transféré à Bergerac, puis à Saint-Sulpice dans le Tarn et Garonne. Peu avant la libération de Toulouse il est déporté à Buchenwald d’où il ressortira détruit, mais vivant.

Figure politique et intellectuelle, Jean Cassou est arrêté à Toulouse en 1941. Né à Deusto, près de Bilbao, d’un père français et d’une mère andalouse, il a déjà publié un roman, Éloge de la folie, fait connaître la littérature et la peinture espagnoles contemporaines dans des revues françaises, notamment Europe. En 1936, il rejoint le cabinet de Jean Zay, le jeune ministre radical de l’Éducation nationale, et milite, sans succès, en faveur d’une intervention française au-delà des Pyrénées pour soutenir le gouvernement républicain. Après sa révocation du Musée d’Art moderne dont il avait été nommé directeur, il s’engage activement dans la Résistance, et doit quitter Paris pour la zone libre lorsque l’étau se referme sur les membres de la nébuleuse activiste du musée.

Replié à Toulouse, il intègre le réseau constitué autour de l’universitaire Pierre Bertaux et du libraire italien Silvio Trentin. Rapidement repéré par le Bureau des menées antinationales (BMA) de Toulouse, et victime d’une trahison, le groupe est durement touché par un coup de filet de la police française en décembre 1941. Incarcéré d’abord à la prison militaire de Furgole, il compose de tête (étant dans l’impossibilité de les écrire) ses Trente trois sonnets composés au secret. Il est condamné à un an de détention en juillet 1942 et incarcéré à la prison de Lodève en août 1942. 

Dans son livre de souvenirs, Une vie pour la liberté, il donne des détails sur ses conditions de détention, dures mais sans excès. Certes, il a le crâne rasé, porte des sabots et doit transporter quotidiennement du fumier, mais il peut communiquer avec les communistes gardés à l’écart, et surtout avec les officiers de l’État-major du général de Lattre de Tassigny dont le QG se trouve à Montpellier. Après la visite de l’un d’eux à la prison, les conditions de vie s’améliorent ; il est dispensé de corvées et peut se consacrer à la lecture et à l’écriture jusqu’à son transfert à la prison de Mauzac.

Son camarade, et chef de réseau, Pierre Bertaux a gardé un souvenir plus douloureux de la prison de Lodève : « Elle était plus sévère – écrit-il dans ses Mémoires interrompus – que celle de Furgole (d’où il venait) qui, en comparaison, paraissait une pension de famille. D’abord le cérémonial d’entrée : on devait se déshabiller, et traverser ainsi, complètement nu, toute la prison, pour aller au magasin revêtir le treillis et le bourgeron des détenus. Moi, j’avais accompli seul cette cérémonie ; mais pour mes camarades qui avaient ainsi défilé, Jean Cassou en tête, dans cette prison qui était une vraie prison, style Sing Sing, avec lourdes grilles, escaliers en fer scellés dans les murailles, galerie d’observation pour les gardiens armés, cela devait être impressionnant. » Et il ajoute : « On ne chantait pas et on mourait de faim — ce n’est pas une image mais un fait. J’ai vu des cadavres vivants, l’un notamment couvert de tatouages comme il y en avait plein les camps en Allemagne. » Le seul “agrément” de la prison de Lodève, c’était la vue. De la cour on apercevait les monts de l’Hérault. « Le ciel, le vert et le rouge lointain des montagnes, c’était déjà presque la liberté ».

Après le départ des détenus politiques à la fin de 1942, l’établissement pénitentiaire recevra encore des Allemands faits prisonniers lors des combats pour la libération de l’Hérault, en août 1944. Ironie de l’histoire, les dernières personnes incarcérées seront des maquisards italiens qui avaient combattu Mussolini, mais qui étaient suspectés par les RG d’être d’anciens fascistes travestis en résistants. 

La prison de Lodève sera démolie en 1962 et, à sa place, on construira la résidence HLM des Pins. Une borne au sol rappelle que des résistants furent détenus à cet endroit et que certains d’entre eux y moururent. 

Par Dominique Delpirou

ENCADRE : 

Le marquage des prisonniers

Après 1939, et avec quelques variantes d’un camp à l’autre, les catégories de prisonniers furent identifiées par un système de marquage combinant un triangle coloré, des lettres, cousus sur les uniformes rayés. Ces signes permettaient aux gardes SS de connaître le motif de l’incarcération du déporté. 

Triangle rouge : les “politiques” 

Etoile jaune : les Juifs (étoile de David pour les juifs)

Triangle rouge sur étoile jaune : les déportés juifs résistants

Triangle bleu : les apatrides. (Les déportés républicains espagnols portaient le triangle bleu puisque Franco les avait déchus de la nationalité espagnole). 

Triangle marron : les tziganes

Triangle violet : les témoins de Jéhovah

Triangle rose : les homosexuels

Triangle vert : les “droit commun”. (Condamnés de droit commun qui purgent leur peine dans un camp de concentration et non dans une prison. Cette catégorie de prisonniers fournira aux SS, les Kapos les plus brutaux).

Triangle noir : les asociaux. (On y trouve notamment des vagabonds, braconniers, voleurs à la tire, ivrognes, souteneurs, chômeurs…) 

A l’intérieur du triangle était marquée l’initiale du pays d’origine. Ici “F” pour Français. En dessous, était cousu une bande de tissu portant leur numéro matricule. Ce numéro devenait leur unique identité.

Les voies d’Ahmed

Cela fait longtemps que je croise Ahmed Djelilate, souvent au détour d’une rue de Lodève, l’un à pied, l’autre en voiture, parfois on échange un abricot, on plaisante ou on refait le monde, j’en aurai presque oublié qu’il est peintre, un véritable artiste. Il aura fallu une exposition « Tisseur de vie et de couleur » au Cellier des Chanoines pour se rencontrer “officiellement” pour un échange professionnel.

Autant casser les préjugés, non, les artistes ne sont pas forcément en retard et Ahmed Djelilate est précisément à l’heure ce jeudi 18 juillet pour une rencontre chaleureuse dans la salle d’expo de la librairie un point un trait à Lodève. Entouré de fusées et de visuels des premiers pas sur la Lune, Ahmed débute l’échange sur son arrivée enfant à Lodève, il y a 55 ans.

Tout a commencé en 1962, à l’âge d’un an, à son arrivée en France avec ses parents. Ils passent par le camp du plateau du Larzac, logés sous des tentes, puis en 1963, ils intègrent le camp de transit et de reclassement de Rivesaltes, avant d’arriver enfin à Lodève en 1964 pour s’y installer définitivement. Son père travaillait au service des Eaux et Forêts, sa mère, ses tantes puis ses sœurs à “l’usine” ou encore “l’usine des tapis” c’est à dire à la Manufacture Nationale des Gobelins. Ils vivaient à proximité, installés à la cité de la gare (aujourd’hui la gare et la cité de la gare sont remplacées par le centre commercial à l’entrée sud de la ville). Ahmed Djelilate parle de cette arrivée pour sa famille, comme une chance, malgré le déracinement et le futur incertain. Il aborde la question du colonialisme, évoque sa peur des Français tout en admirant cette France d’accueil. Il a conscience que cela aurait pu être tout autre, la mort au lieu de la vie. Mais aujourd’hui avec le recul, il comprend aussi la nécessité de l’indépendance de l’Algérie. Sans nostalgie et pour répondre à mes interrogations, Ahmed évoque ses souvenirs d’enfance au bord de la rivière, en famille ou avec des copains de la région. Il évoque pêle-mêle, ses difficultés scolaires, le bilinguisme, il parle arabe à la maison et français ailleurs, le choc des cultures et le contraste des mœurs qu’il évoque avec humour. Il se souvient de la période de Noël, avec les sapins, les guirlandes, les chocolats partout ailleurs mais pas chez lui, il a même, dit-il, attendu le père Noël… en vain !

Ahmed aborde aussi la question du racisme, du regard de l’autre, des premiers amours, de la recherche du travail, de l’intégration, de l’humanisme, de l’accueil, de l’amitié et du plaisir d’échanger… Et ce sont justement les rencontres qui ont permis à Ahmed Djelilate de prendre conscience de son envie de s’épanouir et de sortir de la spirale de l’échec induite par le sentiment d’être un étranger.

C’est donc dans les années 1980-1990 qu’Ahmed se lance dans la peinture. Autodidacte, il se nourrit de ses origines, de sa joie de vivre tout en s’inspirant de la palette humaine, de ses rencontres, de son plaisir de découvrir l’autre… La musique l’accompagne également dans sa création (il est fan de Talila qui lui fait oublier Mozart !). Ahmed utilise toutes sortes de supports pour ses créations, pour ne pas gaspiller dit-il, toiles, planches, bâches… en jouant avec des couleurs éclatantes. Ses œuvres font penser à de l’art brut – rapprochement facile avec l’utilisation des supports de récupération et la frénésie de production – mais le style évoque surtout l’audace et la vitalité d’un esprit libre et joyeux au regard plein d’optimisme.

Les mots “paix”, “liberté”, «  destin” et “Ahmed” traduits en arabe, ont constitués les arabesques qui ont inspiré ses œuvres. Ahmed Djelilate parle aussi de l’engagement nécessaire que demande la réalisation d’un tableau, mais il ne saurait dire comment il identifie l’instant qui détermine la fin de son tableau.

On peut découvrir ses œuvres au Cellier des Chanoines, 8 boulevard Gambetta à Lodève, du mardi au dimanche jusqu’au 25 août. Présence de l’artiste chaque jeudi.

Par Stephan Pahl

A la page

Isabelle et Saskia ont repris la librairie “un point un trait” à Lodève créée il y a 15 ans par Eric Mercy et parti aujourd’hui à la retraite. « Nous avons déménagé la librairie dans les locaux de l’ancien laboratoire d’analyse en cœur de ville dans un espace plus grand et plus lumineux pour mieux vous accueillir. Nous préservons et réaménageons, avec le CIST, l’ancienne librairie face au musée pour de nouvelles surprises ! »
Contact : 04 67 88 11 27

1939, La maison d’arrêt de Lodève

Camp d’hébergement ou d’internement pour les femmes espagnoles ?

Au début de l’année 1939, l’Espagne républicaine agonise. Après trois années de guerre acharnée entre l’armée du gouvernement légitime, aidée par les brigades internationales, et les troupes nationalistes du général Franco appuyées par l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste, Barcelone, symbole de la lutte anti-franquiste, tombe. Des dizaines de milliers d’Espagnols, civils et militaires, hommes, femmes et enfants, fuient l’une des dernières zones de combat.
On a donné le nom de Retirada (retraite) à cette épopée tragique. Les historiens estiment à 500 000 le nombre de personnes qui franchirent les postes-frontières en deux vagues migratoires à peu près égales : la première, comprenant exclusivement des civils, entre le 28 janvier et le 4 février, la seconde, constituée de miliciens et d’hommes valides, à partir du 5 février. Les hommes furent internés dans des camps improvisés (Argelès, Barcarès, Saint-Cyprien…), les femmes et les enfants dispersés dans de nombreux départements.
Dès 1937, les préfets avaient demandé aux maires de leur communiquer les possibilités d’hébergement des éventuels réfugiés espagnols dans leur commune. Une vingtaine de communes de l’Hérault offrirent leurs services. Lodève fut de celles-là. Le maire proposa de mettre à la disposition des autorités une usine désaffectée et, surtout, les anciennes prisons.
Lodève avait compté, en effet, deux maisons d’arrêt et de correction. Car telle était l’appellation officielle de ces établissements dont la double fonction était de punir et de remettre dans “le droit chemin”, des jeunes sur la voie de la délinquance. Jean Genet qui a connu cette triste expérience en a tiré une livre magnifique L’enfant criminel.
La première maison d’arrêt, accolée à la cathédrale Saint-Fulcran, occupait, depuis 1790, la partie occidentale du bâtiment épiscopal, qui accueillit à partir de 1809, non seulement l’hôtel de Ville, mais aussi le palais de justice, la gendarmerie, la sous-préfecture. D’une capacité de 200 personnes, elle n’en reçut que 20 en moyenne. Les archives ne mentionnent aucune exécution capitale.
Pour des raisons de commodité, cet espace fut affecté à d’autres usages, et, en 1866, une nouvelle prison fut construite sur un terrain qui faisait face au Parc, l’entrée se situant au 2 de l’actuel Boulevard Joseph Maury. Des photos de l’époque montrent son mur d’enceinte et les barreaux de ses fenêtres. Elle fut désaffectée en 1926. Les registres d’écrou ne sont plus tenus après cette date. Cédée par le département à la Ville en 1960, elle a été démolie en 1962 et remplacée par une résidence HLM, dite des Pins.
Le 10 février arrivèrent à Lodève 299 femmes et enfants, et le 11, un contingent plus réduit de réfugiés blessés, hommes et femmes. On conduisit les femmes et les enfants à la maison d’arrêt, les blessés et les malades à l’hôpital Hospice de la ville, Boulevard Pasteur.
Les conditions hygiéniques et sanitaires sont précaires. Le médecin inspecteur Bouchet note, le 16 février, qu’ « il y a à Lodève, comme au camp de Montpellier, beaucoup de réfugiés atteints de diarrhée et de bronchite et quelques personnes atteintes de gale, malgré le transport à l’Hôpital de Montpellier d’une vingtaine de ces malades ». Des vaccinations contre le typhus et la diphtérie sont systématiquement réalisées pour éviter des épidémies.
Un rapport du commissaire de police, daté du 30 mai, mentionne l’exigüité des espaces libres et s’inquiète des dégagements de gaz nocifs – en raison du tirage défectueux des poêles – qui font peser une sérieuse menace sur la santé des occupants, dont bon nombre sont des enfants encore au biberon ou au sein. La misère morale, plus encore que physiologique, des femmes internées est souvent rapportée.
La vie à la prison est monotone. Pas de droit de sortie, sauf pour des soins à l’hôpital. Toute publication à caractère politique est interdite. Seul peut circuler librement un journal édité en catalan, Al Refugiats qui, dans la rubrique “Recherche des familles”, contient des listes de réfugiés à la recherche d’un membre de leur famille. Il arrive, cependant, que des familles lodévoises acceptent d’héberger, pour des raisons humanitaires ou politiques, un ou une réfugiée, qui décide parfois de rester. Mais cela ne peut se faire qu’après une enquête de police approfondie et avec des garanties sérieuses apportées par les familles. Ces enquêtes révèlent parfois une absence d’autorisation de séjour. Les individus concernés font alors l’objet d’un arrêté d’expulsion, ce qui les expose à de redoutables sanctions en Espagne (prison ou condamnations à mort). Des femmes parviennent quelquefois à s’évader, mais en général, elles sont vite retrouvées. Selon les rapports de police, les Espagnols réfugiés dans la circonscription de Lodève représentaient, en mars 1939, 8,8% du total des réfugiés dans le département
La ville de Lodève ne fut évidemment pas la seule dans le département à recevoir des réfugiés. Outre le camp d’Agde qui abrita jusqu’à 24 000 miliciens, principalement catalans, on peut citer la caserne Maraussan à Béziers ; le refuge basque de Pézenas ; les colonies et le centre hélio-marin de Sète… À Clermont-l’Hérault, les 312 femmes et enfants qui avaient été rassemblés dans le camp de l’Enclos Roanne virent leur quotidien sensiblement amélioré grâce à l’action du maire de cette ville, “socialiste et grand ami des républicains espagnols”. Ce ne fut pas le cas partout. Si l’on excepte les particuliers, quelques élus, et des associations comme la Croix Rouge, qui apportèrent aide et réconfort à ces hommes et femmes en grande difficulté, “l’accueil” fut tout sauf heureux. L’État, confronté il est vrai à un grand défi, appliqua une politique d’extrême fermeté à l’égard des hommes valides et des miliciens, considérés comme des “rouges indésirables” et donc comme des dangers potentiels, ne leur laissant d’autres choix que ceux de rentrer en Espagne, émigrer en Amérique latine ou travailler dans les compagnies de travailleurs étrangers qui les conduisirent parfois au camp de Mathausen. Les femmes et les enfants, quoiqu’étroitement surveillés, connurent des conditions moins sévères. Beaucoup cependant rapportèrent dans des récits ultérieurs les souffrances qu’elles endurèrent en raison de leur double condition de femme et de réfugiée. La France qui, avec Léon Blum, avait timidement soutenu la République espagnole, l’abandonnait purement et simplement sous le gouvernement Daladier, en parquant celles et ceux qui croyaient encore en la patrie des droits de l’homme, et en reconnaissant le régime dictatorial de Franco.

À partir de l’été 1939, tous les réfugiés de la ville de Lodève furent transférés au camp de Ceilhes-et-Rocozels — appelé également camp de Roqueredonde —, créé à la fin du mois de juin 1939 pour libérer les trois camps de femmes et d’enfants existant alors dans le département de l’Hérault. Ce camp situé à proximité de la gare de Ceilhes, se présentait sous la forme d’un « grand bâtiment en bois de 60 mètres de long sur 50 mètres de large, dépendant de l’Usine de l’Orb », une usine désaffectée de métallurgie et de sidérurgie. Un premier convoi en provenance de Sète arriva à Ceilhes le 30 juin, avec, à son bord, 263 femmes et enfants…
À la fin de septembre 1939, l’ancienne prison de Lodève, vidée de ses occupantes, retomba dans un sommeil profond. Il fut de courte durée. À l’horizon, s’amoncelaient déjà de gros nuages noirs, et la “drôle de guerre” allait bientôt se transformer en cauchemar.
Par Dominique Delpirou

Comme autrefois

Jean-François est maraîcher et fait partie du collectif des petits paysans qui proposent leurs produits à la boutique “Aux P’tits Producteurs” à Lodève devant l’Office de Tourisme. « Nous sommes fiers de mettre à la vente en direct le fruit de notre travail pour que vive le circuit court ainsi que la préservation de notre environnement. »
Contact : 04 99 90 39 36