Alain Petit

Jess Franco ou les prospérités du bis

Jess Franco ou les prospérités du bis de Alain Petit

La réhabilitation, enfin ? Car l’image laissée dans l’inconscient collectif par un homme qui occupa pourtant tous les postes de la conception cinématographique avec le même brio n’est pas brillante. Dans l’esprit des intellectuels de salon, Jess Franco est avant tout un infâme pourvoyeur de série Z, ou à la limite un artisan fauché que l’on se permet de regarder de haut avec un sourire en coin. Mais stop, la parution de cette énorme Bi(s)ble apporte un éclairage quasi exhaustif sur une carrière qui comportera tout de même 200 films ! L’homme aux innombrables pseudos voit son œuvre disséquée au travers d’interviews avec l’auteur, interviennent aussi les membres de sa familia, les acteurs et producteurs tout aussi innombrables, le tout illustré de tonnes de visuels d’époque dont moult figurent les pin-up vénéneuses de l’univers franquien, pas vraiment très habillées… De tout ceci se dégage l’impensable vérité : Jess Franco fut un artiste à part entière avec un style, une volonté de fer face à une censure espagnole d’une grande dureté jusqu’en 1975, de récurrents problèmes de budget, les demandes de modifications de la part des producteurs qui occasionnent de multiples montages de nombre de films, un besoin physique de travailler et même de véritables relations avec les grands du septième Art (les rencontres avec Orson Welles et Jean-Claude Carrière sont assez longuement évoquées…). Et pour finir ZEU big morceau : la filmographie fleuve commentée et prolongée par une bibliographie. Veuillez maintenant reporter ici la dernière phrase de l’article ci-dessus…

 

Par Ged

20 ans de western européen

20 ans de western européen de Alain Petit

Entamée en 1978 et publiée jadis en cinq tomes photocopiés, voici la Bible d’un pan du cinéma enfin ressuscitée sous une forme absolument superbe !
« Que grâce à cette étude un seul de ces films soit repris en distribution ou programmé à la télévision et ce travail n’aura pas été vain ». Ouaip, des hommes comme ça existent encore. Pour la petite histoire, Alain Petit rappelle que le western européen est né en France en 1908 ! Mais ce n’est cependant qu’en 1961 que Robert Hossein déboule enfin avec du sérieux après quelques parodies moisies. Puis Winnetou explose en Allemagne, les décors espagnols se montrent à la face du monde et… Sergio Leone ! Après le carton public des films de celui-ci, le western européen usera toutes les ficelles scénaristiques pour rester à flot, malheureusement sans succès. Un “genre parricide” d’après certains ? Bien sûr et c’est tant mieux. Adieu héros manichéen massacreur d’indiens et de bisons œuvrant pour la morale, ici le héros se révèle aussi vrai et cruel que la vie elle-même, il met même parfois un pied dans la contestation politique pendant les terribles années de plomb, dommage qu’il se soit souvent montré si macho. Les réalisateurs n’hésiteront pas à frayer avec le fantastique, l’érotisme ou la comédie potache pour accoucher enfin de l’ultime avatar de la dégénérescence : la parodie. Un travail de passionnés pour les passionnés doté d’illustrations géniales, d’une filmographie-fleuve et d’une galerie de réalisateurs et d’acteurs impressionnantes ! Absolument indispensable pour tout fan de cinoche !

Par Ged