Skagboys de Irvine Welsh

Skagboys de Irvine Welsh

Avec Porno en 2002 (paru en France en 2009), Irvine Welsh offrait aux fans de son légendaire premier roman Trainspotting une suite digne de celui-ci. Avec Skagboys (2012), l’auteur revient aux sources et nous fait le coup de la préquelle, mais avec quel talent ! Renton, Sick Boy, Spud, Tommy et Begbie sont à peine adultes dans un monde anglais où règne sans partage Margaret Thatcher, et, pour fuir une réalité sociale un rien désespérante, rien ne vaut l’alcool pour cette bande de vauriens, disponible partout et quasiment une religion dans l’importante partie désœuvrée du pays, à part la drogue qui se fait de plus en plus dure. Le speed des weekends laisse progressivement sa place à l’héroïne (qu’ils se partagent à l’arrache à une époque où on ne parle pas encore de SIDA), et dont ils deviennent bien évidemment quasiment tous accros. C’est l’histoire d’une découverte fulgurante et d’une chute inexorable que nous raconte un auteur extraordinaire dont la traduction en français approche de très près la vérité urbaine du langage (peut-être parfois un peu trop djeun’s pour être honnête toutefois ?), ce rhyming slang qui n’hésite pas à remplacer des mots par d’autres pour la simple beauté de la rime a forcément une tronche bizarre dans notre langue, pourtant le plaisir éprouvé à la lecture des précédents volumes réapparaît quand on attaque cet énorme pavé de 800 pages qui, au lieu de rassasier rend… accro.

Skagboys de Irvine Welsh
Editions : Au Diable Vauvert – Parution : 2016

Par Guillaume Dumazer