Lucy Boynton

Le Pari de Claude du mois d’Octobre 2016

SING STREET

Film de John Carney (USA). Avec Ferdia Walsh-Peelo, Lucy Boynton, Jack Reynor… Genre : Comédie dramatique, Musique – Durée : 1h46 – Sortie en salles : le 26 octobre 2016

Le résumé :

Dublin, années 80. Conor est obligé de quitter le confort de son lycée privé pour rejoindre les bancs de l’école publique. Il se retrouve alors au milieu d’élèves durs à cuire, et de professeurs qui le sont encore plus. Il n’a qu’un rêve : conquérir Raphina, une jeune fille super cool et mystérieuse. Pour attirer son attention, il lui propose de tourner dans le clip de son groupe de musique. Problème : Conor n’a pas de groupe…

L’avis :   

Un film de John Carney, je ne pouvais pas passer à côté. Si l’on me demandait, à froid, de citer mes films références de ces dernières années, je commencerais par 300, j’enchaînerais avec 2 ou 3 Tarantino, puis Slumdog Millionnaire et sans aucun doute je mentionnerais Once, LE FILM MUSICAL signé John Carney.

Après, New York Melody, autre film musical avec Keira Knightley et Mark Ruffalo sorti en 2014, il plonge à nouveau dans l’univers de la musique (il est lui-même musicien). Cependant, il l’aborde sous un angle plus intime puisque Sing Street raconte “librement” un épisode de sa vie.

La plupart des rôles principaux sont tenus par des acteurs non professionnels retenus après de longs castings nationaux (Irlande). Pour capter leur spontanéité, Carney a privilégié des séquences de tournages très libres entraînant des scènes quasi improvisées.

Hélas, qui dit acteurs non pro, dit pas de filmo ou potins pour attirer le chaland dans les salles obscures. Donc, la seule façon de mettre en évidence les qualités de ce film est d’axer mon pari sur la virtuosité du réalisateur. Voici ce que j’écrivais, à chaud, dans le C le Mag de mai 2008 à propos de Once :

« Attention chef d’œuvre ! Chef d’œuvre de simplicité, d’émotion, de justesse des sentiments, de maladresse amoureuse, de tout quoi ! Et comme si cela ne suffisait pas pour nous emporter, de magnifiques chansons (Oscar 2008 de la meilleure chanson Falling Slowly) subliment le tout. J’ai adoré, que dis-je, j’ai ADORE ! Film musical mais pas comédie musicale. Je précise pour les réfractaires aux dialogues chantés qui passeraient à côté de ce pur joyau par méprise.

… depuis, j’écoute l’album du film en boucle et notamment le titre If You Want Me. Un monument de douceur, de sensualité…  Musiciens ne pas s’abstenir ! Pour la petite histoire, sachez que le réalisateur a été bassiste du groupe The Frames de 91 à 93. »

Et à propos de New York Melody dans la rubrique “C mon pari” du C le Mag de juillet 2014 :

«… par le réalisateur de Once…, le meilleur film musical de ces dix dernières années (au moins). Encensé par la critique, par Steven Spielberg himself, couronné par l’Oscar de la meilleure musique et adoré par moi. Et, qui plus est, chroniqué en son temps dans cette  rubrique… »

Voilà, on ne peut pas avoir réalisé Once et faire ensuite un mauvais long métrage. Non, ce n’est pas possible, d’autant plus que Sing Street s’apparente davantage à Once qu’à New York Melody de facture plus Hollywoodienne.

Alors chanterons-nous dans la rue au sortir de la salle de ciné ? Fort probable.

Par Claude Bermejo