Django

Le pari de Claude du mois d’avril : Django

Film de Etienne Comar (France). Avec Reda Kateb et Cécile de France… Genre : Biopic – Durée : 1h55 – Sortie en salles : le 26 avril 2017

Le résumé :
En 1943 pendant l’occupation allemande, le tsigane Django Reinhardt est au sommet de son art. Chaque soir il fait vibrer le tout Paris aux Folies Bergères avec sa musique swing alors qu’en Europe, ses frères sont pourchassés et massacrés. Lorsque la propagande allemande veut l’envoyer à Berlin pour une série de concerts, il sent le danger et décide de s’évader en Suisse aidé par une de ses admiratrices, Louise de Klerk. Pour passer, il se rend à Thonon-les-Bains, sur les bords du lac Léman, avec sa femme enceinte, Naguine et sa mère Negros.

Tristounet ce mois d’avril ! Pas un film qui me mette en mode “vivement mercredi”. Alors par défaut (non, c’est pas cool de dire ça, mais bon, ce n’est que mon avis. Je ne vais pas sauter au plafond pour rester poli), je mets un petit billet sur un des musiciens français les plus connus au monde. Choix d’autant plus objectif que le jazz n’est pas du tout mon genre musical de prédilection et ce n’est rien de le dire ! Rien de plus gavant que d’écouter des musicos (aussi talentueux soient-ils) jouer un thème, qui au demeurant peut être fort sympa, durant “une minute trente deux” puis partir dans des impros une bonne plombe pour étaler leur virtuosité (quand ils en ont), se passer la ba-balle d’un instrument à l’autre et se tirer la bourre pour savoir lequel d’entre eux aura le plus cassé les…, euh, les oreilles de la majorité des spectateurs qui sont là parce qu’écouter du jazz ça le fait. Quand je pense que quelques notes bien senties peuvent me transporter, m’émouvoir, me faire se dresser les poils, ah là là… Merci, Ravel, Pachelbel, Carl Orff, BB King, Chuck Berry, Mark Knopfler, etc. Toutefois, le jazz manouche, bien que très axé sur l’impro, sied à mes tympans. Alors par défaut mais pas que !
Django Reinhardt, seul musicien européen à marquer l’histoire du jazz, a créé le genre musical manouche notamment en inventant une façon de jouer de la guitare avec seulement 3 doigts. Brûlé gravement à la main gauche dans l’incendie de sa roulotte à 18 ans, évitant de peu l’amputation, il abandonne le banjo pour la guitare mieux adaptée à son infirmité. Guitare offerte par son frère Joseph pour faciliter sa rééducation. Merci Joseph ! Destin incroyable pour ce “guitare héros” hors norme qui sans aucun doute mérite bien un biopic. Producteur et scénariste de films à succès (Les femmes du 6e étage, Des hommes et des dieux, Les saveurs du palais, Mon roi), Etienne Comar, pour son premier film en tant que réalisateur, s’est attaqué à un gros morceau. Film d’époque, donc gros budget de reconstitution, film musical (pas facile à mettre en scène) avec beaucoup de figurants et évidemment ne pas trahir la mémoire de son personnage principal. Belle gageure sur le papier. Sur pellicule, je demande à voir.
Hélas, présenté en ouverture du 67e festival de Berlin, les critiques sont pour le moins tièdes, voire froides limite glacées. En revanche, la plupart, saluent la performance de Reda Kateb (Un prophète, Zero Dark Thirty, Les Garçons et Guillaume à table), bluffant en Django, (il a travaillé la guitare pendant 1 an pour s’immerger dans le rôle) ainsi que celle de Cécile de France (Haute tension, Les poupées russes, Fauteuils d’orchestre, Un secret, Mesrine, Au-delà) dans un rôle pas facile de femme libre et manipulatrice.
Mais que valent les critiques des professionnels de la profession (formule chère à Godard) ?
Perso, j’ai en mémoire un film présenté à Cannes et littéralement descendu par les critiques. Ce n’était que le « Grand Bleu » de Luc Besson qui est un des plus gros carton du ciné hexagonal !
Et si nous nous faisions notre propre avis ?