Récemment disparue d’une grande chaine de télévision nationale, l’émission Salut les terriens emporta avec elle « Jean-Mi », le petit robot précis et insolent qui était devenu une vedette. Ce modèle « Nao », produit par l’incontournable société Aldebaran Robotics, est l’un des androïdes les plus vendus au monde qui intéressent autant les amateurs de jouets « high tech » prêts à dépenser quelques milliers d’euros que les formations de futurs ingénieurs en robotique qui trouvent là un sujet à disséquer – pardon, démonter ! – de premier ordre.
Faisant écho à ma dernière rubrique, où je félicitais mon village d’avoir un véhicule piloté par un humain capable de nettoyer correctement les ruelles, voici que la S.N.C.F. commence à installer dans plusieurs villes tests « B.A.R.Y.L. ». Sans le crier sur les toits, ce robot-poubelle qui attire la sympathie et donc la propreté des usagers, est visiblement un clin d’œil à deux films cultes incontournables de la science-fiction. D’une part, la saga de la Guerre des étoiles dont nous fêterons les 40 ans cette année en même temps que « R2-D2 », le cylindre sur roulettes qui inspira tant de fabricants de poubelles de cuisine ou de designers de chambres d’enfants.
D’autre part, c’est aussi évidemment un hommage à « D.A.R.Y.L. », androïde à l’apparence adolescente qui nous fit vivre de bons moments cinématographiques en 1985… et par la suite (véritable Pinocchio technologique, l’enfant-robot cherche une famille pour vivre comme un vrai petit garçon).
« B.A.R.Y.L. » présente surtout l’originalité d’être directement appelé robot dans un monde où l’on ne remarque pas encore que ce type de machines assiste les activités humaines les plus diverses. Par exemple, dotés d’une capacité à être pilotés à distance mais aussi à avoir, grâce à leurs capteurs, des capacités de décisions autonomes, les satellites ne sont rien d’autre que des robots.
Hobby drone… Quel hobby ! Pour ceux qui pratiquaient jusqu’à une période récente les concours de drones, combats de robots et autres défis technologiques, ce hobby était non seulement chronophage mais encore extrêmement couteux.
Ce sont des activités qui tendent fortement à se populariser avec les chutes de prix vertigineuses qu’entrainent une production qui permet à des entreprises de fournir de nombreuses solutions tant pour le monde scolaire que pour les passionnés. Il est certain que sur le plan éducatif ces matériels ont un intérêt autrement plus grand que les Furby et autres Aibo, plus ou moins couteux, généralement addictifs, et qui ne permettent pas vraiment de comprendre ce qui se passe à l’intérieur.
Développer de l’empathie pour une machine voire pour un simple objet est très naturel à l’homme, surtout dès lors qu’il accomplit une action valorisante avec un simple outil ou une mécanique aussi avancée qu’une machine à coudre, qu’une voiture de course, qu’une arme à feu… l’incitant à en comprendre le fonctionnement. La couturière saura souvent fort bien comment gérer sa machine, même lorsqu’elle commence à présenter un certain nombre d’irrégularités.
Les robots pédagogiques permettent souvent plus que ça. Il faut le monter et savoir le manipuler, mais pour lui donner de l’autonomie ou un pilotage intelligent, il faut aussi savoir entre les deux, le programmer.
Une programmation qui peut même pousser de jeunes experts à utiliser, s’ils en sont capables, les mathématiques pour corriger et améliorer les performances de « l’engin ». Dans cette maîtrise de l’évolution de la machine, de la capacité à l’améliorer, à la personnaliser, peut naître bien sûr de l’empathie. Et que dire de ces machines dès lors qu’elles commencent à ressembler à des animaux voire à des humains ?
Les androïdes, ou humanoïdes, sont bien connus des cinéphiles. Stars des jouets des années 1960, ils ont de plus en plus ressemblé aux humains, jusqu’à avoir des capacités que la littérature leur avait prêtées depuis les années 1920, celles d’être parfaitement ressemblant aux humains comme dans le film réalisé par Michael Crichton Mondwest. Les plus vieux se souviendront aisément de ce parc d’attraction dans lequel Yul Brynner était un cow-boy androïde. Aujourd’hui, la série Westworld reprend cet argument et est en passe de devenir en quelques saisons une série culte qui approche l’auditoire de Game of Thrones ou Vikings.
Pourtant, si la fiction nous abreuve d’androïdes rarement sympathiques, dont le terrifiant « T-800 » de la saga Terminator, dans la réalité les androïdes développés ont quasiment toujours – pour l’instant ! – des fonctions plutôt sympathiques. Capable d’amuser les plus jeunes, de « divertir » certains adultes aux mœurs bizarres et, de plus en plus, de manipuler des outils créés pour des mains humaines pour se substituer à elles dans des tâches complexes… le robot androïde ne semble pas encore être un danger pour l’Homme. Oups… pardon, excusez-moi, c’était sans compter l’A.R.F., fondation technologique créée en 2012 par Vladimir Poutine, qui a présenté il y a deux ans le premier androïde militaire !
Il ne serait pas étonnant que la D.A.R.P.A., équivalent américain de l’A.R.F. russe, qui vient de renoncer au « BigDog », impressionnant robot quadrupède militaire, trop difficile à réparer sur les terrains d’opération, en reste là. Surtout avec la politique annoncée par Donald Trump !
« Et le monde est merveilleux… Lalala… » : terminons, si vous le voulez bien, sur la chanson des mignons petits automates qui peuplent le monde fraternel si gentil tout plein d’une des plus célèbres attractions de Disneyland Paris !
Par Frédéric Feu

