De Antonio Altarriba et Keko
Editions : Denoël Graphic
Parution : 2014
134 pages
Prix : 19,90 €
ISBN : 9782207116883
Lui, l’assassin, peut envisager le meurtre gratuit ou presque, glané en marchant dans la rue, comme un art extrêmement subtil et raffiné. Ceci dit, « Je ne cherche pas à être applaudi. Mais à observer les réactions provoquées par mon œuvre » explique le professeur d’histoire de l’Art Enrique Rodriguez Ramirez. Sa vie « officielle » le voit directeur d’études, et pas n’importe lesquelles, elles s’attaquent à « la représentation du supplice dans la peinture occidentale ». De quoi tout de même éveiller des soupçons qui se retournent évidemment contre lui quand l’improbable arrive, un meurtre qui n’est pas de son fait et pourtant « signé » comme un des siens… Antonio Altarriba, accompagné ici du grand dessinateur Keko (de son vrai nom José Antonio Godoy) que l’on situe un peu à la croisée des Miller, Eisner et Tardi option clair-obscur, est de retour dans l’actualité après le fameux L’Art de voler qui se tailla en 2011 une belle tranche de succès, et si on se fie au soin apporté à ce très bon Moi, assassin, on suppose qu’il suivra forcément le même chemin vers les hauteurs. Car on parle ici d’un superbe bouquin au format fort chouette, en bichromie noir / rouge splendide et qui comprend de plus en filigrane une froide évocation de la question basque et de l’épineux passé espagnol… Seriez-vous en manque de roman graphique et de noirceur ? Il vous faut celui-ci. Après tout, « l’Art est plus fréquemment terrible que beau… et il relève davantage de la transgression que de l’obéissance à une norme… »
Par Ged

