Livres

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La Tristesse du Samouraï

La Tristesse du Samouraï  de Victor del Árbol (Espagne)

Résumé : Trois générations marquées au fer rouge par une femme infidèle. L’incartade a transformé les enfants en psychopathes, les victimes en bourreaux, le code d’honneur des samouraïs en un effroyable massacre. Et quelqu’un doit laver le péché originel.

La critique de Zab : Que c’est dur ! sont les premiers mots qui viennent à l’esprit. Des histoires d’hommes et de femmes aux destins tragiques. Juste après les années Franco, des êtres empêtrés, déchirés dans leurs histoires sordides et qui profitent du système en toute impunité. Trahison, vengeance, injustice, abus de pouvoir… tout y passe. La destinée de deux familles sur trois générations. A lire absolument mais en ayant le cœur bien accroché !

Poche : 528 pages – Éditeur : Acte Sud collection Babel noir
ISBN : 978-2330015145

N’oublier jamais de Michel Bussi

N’oublier jamais de Michel Bussi (France)

Résumé : Jamal a d’abord remarqué l’écharpe, rouge, accrochée à une clôture. Puis la femme, incroyablement belle, la robe déchirée, le dos face au vide, les yeux rivés aux siens. Jamal lui tend l’écharpe comme on tend une bouée. Quelques secondes plus tard, sur les galets glacés de la plage déserte, gît le corps inerte de l’inconnue. À son cou, l’écharpe rouge…

La critique de ZAB : Bussi revient avec une excellente histoire ! On est intrigué, happé, envouté jusqu’à la dernière ligne. Surtout, on n’est pas déçu par la fin. Pourtant l’auteur avait mis la barre haute : Jamal est-il fou ? est-il coupable, innocent ? Les protagonistes sont-ils sincères ou jouent-ils une comédie perverse ? On est perdu, déboussolé et content de l’être. Digne d’Agatha Christie et ses dix petits nègres, on cherche désespérément le coupable de cette machination effroyable à la limite du surnaturel ! Bravo.

Poche : 544 pages – Editeur et Collection : Pocket
ISBN : 978-22666254571

The Expanse, Tome 1 : L’éveil du Léviathan

The Expanse, Tome 1 : L’éveil du Léviathan de James S.A. Corey (USA)

Résumé : L’humanité a colonisé le système solaire. Quand Jim Holden, second sur un transport de glace, croise la route du Scopuli, un appareil à l’abandon, il se retrouve en possession d’un secret bien encombrant. S’il ne découvre pas rapidement qui a abandonné ce vaisseau et pourquoi, le conflit latent entre le gouvernement de la Terre et les rebelles risque de se réveiller.

La critique de Zab : J’avoue avoir eu du mal en rentrer dans l’histoire. Un univers nouveau auquel il faut s’adapter : les terriens, les martiens, les ceinturiens (tous humains à la base)… la présentation des nombreux personnages, ceux qui auront de l’importance et ceux que l’on va vite oublier. Bref, une mise en place nécessaire mais un peu laborieuse. Par contre, comme j’ai eu raison de m’accrocher ! On se laisse embarquer par la suite avec un immense plaisir dans cette épopée intergalactique. Les héros sont attachants et mystérieux, l’histoire est originale et captivante. On est complètement conquis et dépaysé. Ça fait du bien ! J’attends la suite avec impatience.

poche : 424 pages – Acte Sud – collection Babel noir –
ISBN : 978 – 2330001339

L’île des chasseurs d’oiseaux

L’île des chasseurs d’oiseaux de Peter May (Ecosse)

Résumé : Marqué par la perte récente de son fils unique, l’inspecteur Fin Macleod, déjà chargé d’élucider un assassinat commis à Edimbourg, est envoyé sur Lewis, son île natale, où il n’est pas retourné depuis dix-huit ans. Un cadavre exécuté selon le même modus operandi que celui d’Edimbourg vient d’y être découvert.

La critique de ZAB : Brillant. D’une grande sobriété, une histoire touchante, dramatique et en même temps haletante. On est intrigué par le passé de ce policier qui revient sur les terres de son enfance, curieux par la découverte de la vie des habitants de cette île, perdue dans le nord de l’Ecosse, aux traditions ancestrales.
Le récit qui est une alternance entre le passé et le présent est très bien mené, on ne s’ennuie jamais et on passe de l’un à l’autre très facilement sans frustration.
Un émouvant et tragique dénouement écrit avec beaucoup d’humanité. Vivement le deuxième volume de cette trilogie.

Poche 424 pages
Acte sud – collection Babel noir – 2 novembre 2011
ISBN : 978 – 2330001339

La Marseillaise de Serge Gainsbourg, Anatomie d’un scandale de Laurent Balandras

Livres - balandras marseillaise

2016 marquera déjà les vingt-cinq ans de la mort de Serge Gainsbourg, time flies… Ce livre revient, outre un rappel historico-biographique soigné, sur le double scandale médiatique qui implique l’homme à la tête de chou à la charnière des années 70 et 80 : en 1979, sur l’album qui porte le même nom paraît la chanson Aux armes et caetera qui n’est autre que la Marseillaise version reggae, vous parlez d’un scandale quand la France bien-comme-il-faut, encore souvent héritière de la pensée vichyste, s’empare de l’affaire ! Le tintouin empirera même en 1981 quand le chanteur se porte acquéreur du manuscrit original de l’hymne national, signé de la main même de Rouget de Lisle. Ce chouette bouquin rassemble une collection de documents d’époque (photos, tracts, articles de presse, lettres entre louanges et haine…). Le Gainsbourg de cette époque, bonhomme à la veste kaki et au paquet de Gitanes, n’était pas connu pour se faire remarquer pour ses éclats, il suffira de revoir les images du concert de Strasbourg (janvier 1980) face aux paras qui l’ont fait annuler, pour se remettre dans l’ambiance. Cette Marseillaise, qu’on s’approprie parfois stratégiquement, n’appartient à personne sinon à tout le monde et le texte de Laurent Balandras rejoint dans ses choix de mots le caractère profondément rebelle d’un Gainsbourg qui ferait sûrement une drôle de tronche devant le boxon actuel et ce que l’on fait de son pays d’adoption qu’il adorait, sans parler de son hymne servi à toutes les sauces.

 

Par Guillaume Dumazer

Le Contrat Salinger de Adam Langer

Livre - langer contrat salinger

Tout d’abord on découvre l’envers du décor de la vie d’un écrivain célèbre sur le déclin et celui d’un autre qui est passé depuis longtemps à autre chose, les deux connaissances se retombent dessus lors d’une signature et tout n’est pas vraiment le fruit du hasard là-dedans car l’improbable s’est produit : un homme d’affaires louche plein aux as et grand collectionneur, Dexter Dunford, propose au premier de ces messieurs, Conner Joyce, d’écrire un livre qui ne sera lu et possédé que par lui, moyennant une somme énorme et quelques conditions comme le secret absolu sur l’accord. Pressentant forcément un traquenard dans ce “contrat” qui aurait été, aux dires du mystérieux “Dex”, signé précédemment par d’immenses auteurs comme Norman Mailer, Thomas Pynchon ou J. D. Salinger, Conner s’en ouvre à son “pote” Adam Langer qui raconte, à son tour, cette histoire troublante dans ce roman où il est le principal – et inquiet – narrateur. Diablement astucieux dans sa construction – il est vrai gigogne – polyphonique et tout en crescendo, Le Contrat Salinger est la bonne surprise dans le rayon polar de ces derniers mois avec cet incessant jeu de yoyo entre fiction et réalité, et un beau jeu de dupes entre les personnages, profonds et torturés, qui se débattent au fil de ces agréables pages. Et puis, si le monde de l’édition et ses requins, ainsi que la pseudo-crise qui les menacerait si fort, se font égratigner au passage, c’est tant mieux.

Par Guillaume Dumazer

Nous mourrons pour toi mon petit

Livre - nous mourrons pour toi

de Saad Ticemlal

«si j’ai traité de plusieurs sujets : mœurs, religion, politique sous toutes ses formes, l’ossature de ce livre, c’est bien-sûr la guerre d’Algérie. L’histoire est tout-à-fait orginale. Dans auncun film ni livre (il n’y eut nul auteur dans la région) vous ne trouverez tant de détails des évènements qui se sont passés dans la commune de Thénia, ex-Ménerville et les douars qui en dépendaient : Soumaa, Gueddara, Béni-Aïcha, Mahrane, Boukhanfar et Ouled-Ali. Ménerville était la poupée de la région, et peut-être au-delà. Les kermesses en ville, les opérations militaires dans les douars, le comportement des élèves des deux communautés, la mentalité des différentes ethnies civiles, des corps d’armées, maquisards… Embuscades, torture, OAS, hystérie de l’Indépendance, le tout vécu par un enfant.
Le séisme de mai 2003 a dévasté le centre-ville qui faisait le charme de Thénia. Après la débauche de l’Indépendance et des années qui suivirent permise par un Pouvoir laxiste, les Algériennes d’aujourd’hui sont les meilleures femmes du monde : belles, diplômées et intègres… Surtout depuis l’horreur de la guerre civile, une histoire qui s’est répétée, dont je traiterai dans le prochain livre. A présent Thénia est une sous-préfecture intégrée à un département kabyle : Boumerdès. » Saad Ticemlal

Le soleil se couche parfois à Montpellier

Livre - petits polars

de Antoine Chainas et illustré par Anthony Pastor

Imaginez un homme âgé d’environ 65 ans. Pour plus de commodité, appelons-le M.Z. Dans une autre vie, un autre temps, il faisait équipe avec Anna. Ils appartenaient au service, qui formait des duos : un exécutant et un agent de repérage. Ils travaillaient bien ensemble. Aujourd’hui, M.Z. semble rangé, mais il suffit d’une rencontre, sous le soleil de Montpellier…
+ Le mini guide : Echappée à Montpellier.
Sur les traces du Petit Polar et Où le mènent ses pas dans la ville, notre journaliste, Jean-Michel Boissier, fait un petit tour informé et amusé des rues et des monuments, des jolis coins et des bonnes adresses, de l’esprit des lieux et de l’humeur des habitants. À Montpellier, il découvre que les tramways sont sexy, que l’Écusson est positiviste, le musée Fabre délectable et le péplum de Bofi ll vivable, que la ville fonce vers la mer et que Frêche est partout, même dans la cuisine…

La pire. Personne. Au monde

Livre - Coupland La pire personne

de Douglas Coupland

Même bien placé pour être son dauphin direct, il y a de quoi être jaloux de l’irascible caméraman Ray Gunt. Faut dire que ce mec a un don pour attirer les embrouilles, c’est dingue ! C’est vrai qu’il pourrait y mettre du sien et par exemple s’exprimer un peu mieux mais il le dit lui-même au détour d’une page : « en tentant de former des phrases sans jurer, mon cerveau s’est figé. J’ai compris d’un seul coup l’effet que doit faire une crise cardiaque vous privant de la capacité de parler » ! Néanmoins
l’ “antécoït” qui lui servait de femme trouve un taf sur les îles Kiribati pour lui et accessoirement Neal, son assistant trouvé dans un carton dans la rue. Mais « dans ce dépotoir immonde et misérable qu’on appelle le monde réel », rien ne tourne rond et surtout pas dans l’univers over-moisi de la télé-réalité auquel Ray se retrouve confronté, même d’un peu loin. Difficile de ne pas littéralement hurler et mourir de rire devant la méchanceté XL du bonhomme qu’on est tous (TOUS !) un peu quand on se moque d’untel ou untel, quand on rêve de pousser cette vieille qui n’avance pas ou de tirer une grosse claque au bébé braillard qui empoisonne la file à la caisse du magasin bondé. La culture américaine, la bêtise de son puritanisme hypocrite sont pourfendues avec jubilation mais à sa décharge, reconnaissons que Ray semble lui poursuivi par les singles britanniques les plus embarrassants des Eighties, ce n’est pas mieux ! Ce livre est évidemment recommandé. A donf.

par Ged

Chronique(s) de nulle part

Livre - Starsky Rica Chroniques

de Starsky, Rica et Tocco

« Alors je me suis dit qu’on en avait rien à foutre de comment finissent les histoires. C’est comment elles commencent qui nous importe ». Rédacteur en chef de la revue marseillaise Aaarg ! dont on a déjà parlé dans ces pages, Pierrick Starsky se voit obligé, quand un auteur se désiste au dernier moment, de remplacer une bande dessinée au sommaire. On n’est jamais mieux servi que par soi-même, c’est donc un de ses propres récits, qu’il garde dans un coin de la tête depuis un moment, qu’il propose au dessinateur Rica. Ainsi naît Un pays quelque part, le premier chapitre de ces sombres Chroniques. Le travail du duo est si complémentaire que les récits suivants, qui se recoupent quelquefois, sont créés avec ce même résultat d’évidence : quelle réussite dans la noirceur et la violence des climats des nouvelles qui sont superbement mis en images par le dessin en noir et blanc puissant de Rica, puis par les couleurs de Tocco, choisies par celui-ci après mûre réflexion ! Les récits se déroulent dans un endroit que l’on situerait dans le Nord où les vies brisées, la misère sociale ambiante et une météo maritimo-grisâtre ne sont pas là pour remonter le moral vacillant des habitants de l’estuaire. Pour certains « royaume de la crasse, des rats et des faits divers dégueulasses », on y trouve pourtant une force humaine prête à être libérée face à un destin qui ne fait pas de cadeau et qui mérite bien de temps en temps que quelqu’un lui fasse un pied de nez, voire pire.

Par Ged