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En finir avec Eddy Bellegueule

De Edouard Louis

« En vérité, l’insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n’a été que seconde. Car avant de m’insurger contre le monde de mon enfance, c’est le monde de mon enfance qui s’est insurgé contre moi. Je n’ai pas eu d’autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre. »

Dur, violent, poignant. Cru mais pas dérangeant tant on sent l’auteur sincère, à fleur de peau. Une histoire autobiographique douloureuse et difficile. Une enfance pauvre, remplie de préjugés, de haine, d’injustice. Des parents largués, malheureux, prisonniers d’eux-mêmes, de l’alcool, du travail à l’usine, la violence portée aux nues : « il faut être un dur pour réussir ».  Eddy, malingre, maniéré, raffiné, « une vraie gonzesse » va vivre un cauchemar. De la découverte de son homosexualité jusqu’à sa fuite dans un lycée d’Amiens option théâtre, l’auteur nous livre sans détour et en totale franchise ce que fut sa vie. Bouleversant.

Par Isa

Habitats en sous-France

de Geneviève Bouilloud

Sources de controverses sans fin entre atteints et incrédules, les électro-hyper-sensibles (ou EHS pour les toujours plus pressés) rappellent par la plume de Geneviève Bouilloud que bizarrement aucune étude médicale française n’a été publiée autour de la téléphonie mobile et de ses effets néfastes sur la santé, la 4G est pourtant déjà là, la 5G venant même elle de subir des revers d’opinion – tiens, tiens – en Belgique ou en Suisse. D’ailleurs, un peu partout à l’étranger de nombreux rapports, qui plus est non contestés par les autorités, pointent la téléphonie mobile et la WIFI comme sources attestées de maladies. Il est quand même incroyable que les EHS soient encore vus comme des extraterrestres dans leur quête de zone blanche alors qu’ils cumulent déjà une longue liste d’afflictions : l’auteure a par exemple été contrainte de sillonner le pays en camionnette puis de repartir sur les routes quand arrivait l’adversaire invisible. Habitée par l’espoir mais aussi par « le froid, l’humidité, la solitude », Geneviève pousse un cri pour ses camarades d’infortune de plus en plus nombreux : les EHS resteront-ils les éternels « psychosomatiques » ? Ce document est en tout cas un coin enfoncé dans le bois du scepticisme. « Tout homme a droit à un habitat décent », mesdames-messieurs les opérateurs…

Par Guillaume Dumazer